AntiSarko
Extraits du livre "Sarkozy dans le texte"


- ANPE

"La réforme du service public de l’emploi est impérative [...] Il ne faut pas hésiter à recourir à des sociétés de placement rémunérées aux résultats” (France 3, 26 mai 2005)

Pour Nicolas Sarkozy, les services de l’ANPE sont par nature déficients. Conformément à sa vision des services publics, il plaide pour une privatisation du marché de l’emploi. En tant que président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a ouvert le 29 avril 2005 les actions d’insertion des allocataires du RMI à la concurrence. Les sociétés Manpower et la SA Forgeco ont ainsi remporté l’appel d’offres pour s’occuper des RMistes du département. En décidant d’ouvrir ces marchés, Nicolas Sarkozy remet donc de facto en cause les actions menées par les organismes publics ou associatifs en les mettant en concurrence avec des entreprises privées.

Les 20 millions d’euros consacrés en 2005 aux actions d’insertion ne sont donc plus gérés par les associations, les communes ou les centres d’action sociale qui s’occupaient jusqu’alors de la réinsertion sociale et professionnelle des allocataires. Les sociétés privées ayant remporté le marché ont pour seul objectif le placement des chômeurs, laissant ainsi de côté la vision plus globale de l’insertion prévue à l’origine par le RMI. Par ce type de procédure, Nicolas Sarkozy met en oeuvre la marchandisation de l’insertion et des actions sociales les plus sensibles. Seules des structures publiques ou associatives peuvent remplir ces missions en étant conscientes des enjeux éthiques et de la dimension humaine de l’insertion des chômeurs.

Voir : privatisation, RMI, services publics


- CARIGNON (ALAIN)

“J’ai été à l’initiative de l’abolition de la double peine, je ne vais pas l’appliquer maintenant à mon ami Alain” (Saint-Étienne-de-Saint- Geoirs, 21 juin 2004)

Maire de Grenoble entre 1983 et 1995, ancien député et président du conseil général de l’Isère, deux fois ministre, Alain Carignon était l’un des grands espoirs de la droite française avant sa condamnation en 1996 à trois ans de prison ferme pour corruption et abus de biens sociaux. Depuis 1986, Nicolas Sarkozy est un ami intime d’Alain Carignon. Lors de son procès, ce dernier choisit d’ailleurs comme avocat l’associé de Nicolas Sarkozy, Guy Danet. Après sa traversée du désert consécutive à 29 mois de prison, c’est encore Nicolas Sarkozy qui va lui remettre le pied à l’étrier dans son ancien fief en l’aidant à redevenir le président de la fédération UMP de l’Isère. En septembre 2005, c’est un proche d’Alain Carignon, Fabien de Sans Nicolas, que Nicolas Sarkozy choisit pour remettre de l’ordre dans l’organisation de jeunesse de l’UMP, les Jeunes Populaires, acquise jusqu’à lors à Alain Juppé. Dernier épisode en date : Nicolas Sarkozy a, le 22 octobre 2005, adoubé son ami de toujours comme candidat “légitime” de l’UMP dans l’Isère pour 2007. Alain Carignon ne s’est pas privé de mettre en avant ce soutien et a aussitôt fait savoir qu’il déposera sa candidature pour cette élection.

Voir : Balkany (Patrick), double peine, UMP


- DROITS-DE-L’HOMMISTES

“Tous les droits-de-l’hommistes de la création passent devant la porte de Saint-Ouen en disant : ‘Mon dieu, les pauvres’ puis s’en vont pour aller dîner en ville” (Le Monde, 24 octobre 2002))

Nicolas Sarkozy qualifie, dans un entretien relu et amendé au journal Le Monde, de “droits-de-l’hommistes” les associations qui s’opposent à son projet sur la sécurité intérieure (LSI). L’expression a été inventée par Jean-Marie Le Pen et il est difficile de ne pas y voir une forme de dénigrement à l’encontre des associations de défense des droits de l’Homme qui n’hésitent pas à marquer leur désaccord avec la politique sécuritaire du ministre de l’Intérieur. L’année 2003 restera pourtant comme “l’annus horribilis” des droits de l’Homme en France, selon le rapport annuel de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH). En préambule de ce rapport, le président de la LDH n’hésite pas à assurer que “en un an et demi, nous avons assisté au plus grand recul des droits de l’homme en France depuis la guerre d’Algérie”.

Voir : Front national

 

 

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