Nicolas Sarkozy a publié, en octobre 2004, un ouvrage intitulé La République, les religions, l’espérance. Ce livre a été écrit en collaboration avec Thibaud Collin, professeur de philosophie et auteur du premier livre engagé contre le mariage gay selon Le Figaro, et Philippe Verdin, religieux dominicain proche d’Hervé Gaymard.
Dans cet ouvrage, Nicolas Sarkozy précise que la laïcité, c’est le droit de croire et de pratiquer sa religion de manière libre, publique et égale pour tous les cultes.
Le droit d’être agnostique ou athée, en revanche,apparaît comme secondaire.
Pour lui, le fondement de la laïcité n’est pas le droit de croire ou de ne pas croire, mais avant tout celui de pratiquer le culte de son choix. Cette version de la laïcité tranche pour le moins avec celle de Jean Jaurès qui, au lendemain de la loi de 1905, assurait que les citoyens ont le droit de croire ou de ne pas croire, de prier ou de ne pas prier, de pratiquer ou de ne pas pratiquer.
La laïcité moderne ne doit pas avoir selon Nicolas Sarkozy à l’égard des religions la défiance héritée de l’époque des grands combats laïques. En effet, la laïcité de combat n’est plus à l’ordre du jour.puisque le religieux n’est pas suspect.
Le pas est définitivement franchi lorsque Nicolas Sarkozy affirme que si Fouad Alaoui [secrétaire général de l’Union des organisations islamiques de France] dénonce deux intégrismes, l’intégrisme laïque et l’intégrisme musulman, je ne peux ni ne veux lui donner tort.
A l’heure où les religions s’immiscent de nouveau dans la vie sociale (et Nicolas Sarkozy, par ses déclarations intempestives et son souci de gérer l’ordre public en s’appuyant sur les communautés religieuses, en est grandement responsable), pourquoi vouloir modifier la loi de 1905 si ce n’est pour remettre en cause un compromis qui a fait ses preuves tout au long du XXème siècle ?
Que peut-on donc attendre de la République laïque ? Nicolas Sarkozy l’énonce clairement : qu’elle fasse respecter la règle et la loi. Ainsi réduite à sa fonction strictement administrative et policière, sa République ressemble plutôt à l’État bonapartiste. A elle de garantir l’ordre public en laissant à la religion le soin de garantir l’ordre moral.



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