Malgré les dénégations de Xavier Bertrand, porte parole de Nicolas Sarkozy et ministre de la santé (spécialiste de la double casquette comme son cher candidat), le contrat unique, inspiré du CNE est bien une des pierres angulaires du projet du chef de l’UMP. Sarkozy ne veut pas risquer une p rotestation comparable ou supérieure à la mobilisation de 2006 contre le CPE, sachant par ailleurs l’hostilité généralisée des organisations syndicales à cette possibilité. Pour autant, les faits sont là…
A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a rappelé son attachement à la création d’un « contrat unique à durée indéterminée » (discours d’Agen), « plus souple en matière de licenciement économique » (discours de Charlevilles-Mézieres), grâce à des « procédures de licenciement moins longues » (…), et « applicable à toute nouvelle embauche » (programme officiel de l’UMP). Malgré sa demande de suspension du CPE en pleine crise du printemps 2006, sa vision des choses est très claire : "Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher » (déclaration devant les patrons de PME le 24 janvier 2007). Il a d’ailleurs voté le CPE et le CNE en 2005 et 2006.
Spécialiste du brouillage des cartes et prêt à tout pour arriver aux objectifs fixés, il n’hésite pas à orienter son discours vers les plus privilégiés tout en prétendant parler aux classes populaires, en promettant à chacun de « travailler plus pour gagner plus ». Nicolas Sarkozy nous ressort ainsi la recette libérale magique dont les Français n’ont jamais vraiment voulu quand lui-même déjà défendait de telles positions aux côtés de Balladur, Juppé ou pour son propre compte aux élections européennes de 1999.
Son projet est fondé sur la dissolution du droit du travail, le licenciement sans motif et multiplie les attaques en direction de notre droit collectif. Sarkozy, c’est moins de droits à conserver son emploi, plus de « droits » hypothétiques à en trouver un autre moins bien payé.
Il sous-entend également, sous couvert de liberté, que chaque salarié peut déterminer sa durée du travail, or seul le chef d’entreprise peut en décider. Ce n’est donc qu’un marché de dupes. Tout cela en échange d’une prétendue « sécurité professionnelle » et d’hypothétiques promesses de reclassement dans un contexte où « le poids des salariés ayant vécu un déclassement dans la hiérarchie socioprofessionnelle a "plus que doublé" en 20 ans, passant de 3% au début des années 1980 à près de 7% dans les années 2000 » selon une étude récente de l’INSEE.
En prônant la rupture tranquille, Nicolas Sarkozy est tout simplement le candidat de la continuité chiraco-villepiniste et d’un travail gouvernemental visant notamment à faire supprimer totalement le contrôle de la durée du travail par l’inspection du travail. Petit à petit, ce travail de sape ambitionne de ne plus connaître du tout la durée du travail des salariés (voir Réforme Larcher et modification de l’article D. 212-21 du Code du travail).
Au delà du CNE, le projet de Sarkozy dans son ensemble reprend les arguments traditionnels développés par les plus libéraux et combattus sans relâche par les plus progressistes depuis des siècles. Celui-ci a un objectif précis : détruire les protections instaurées par la loi pour protéger les salariés… Qu’en serait-il de la durée du travail hebdomadaire ou du travail des enfants si de tels positionnements avaient eu un écho généralisé en d’autres temps ? A nous aujourd’hui de dénoncer ces impostures !



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