Nicolas Sarkozy, qui se présente comme l’homme de la rupture, tente de brouiller les pistes en tenant continuellement un double discours pour mieux mentir. En voici quelques exemples :
Communautarisme – République
« Sans [la République], vous aurez le communautarisme, la loi des tribus, chacun renvoyé à ses origines ethniques, à sa religion ». (Discours, Marseille, 3 septembre 2006).
A la question : « Doit-on faire apparaître l’origine des délinquants dans les statistiques de la police ? », il répond : « Oui, il faut faire de la transparence, il n’y a aucune raison de dissimuler un certain nombre d’éléments qui peuvent être utiles à la compréhension de certains phénomènes ». (Entretien sur RMC, 13 février 2006)
Religion – Laïcité
« La laïcité c’est la séparation de l’Église et de l’État, cette séparation doit être absolue ». (A vous de juger, France 2, 30 novembre 2006)
« Les religions sont un plus pour la République. » (Table ronde interreligieuse, Neuilly, 20 juin 2005) - On peut "légèrement adapter la loi de 1905 sans que la laïcité ne s’écroule" afin de "s’adapter à la réalité du temps". (Déplacement à La Réunion, 29 septembre 2005)
Justice
« Je veux dire [aux magistrats] que je serai toujours à leurs côtés pour défendre l’indépendance de la justice et l’accroissement de ses moyens » (Discours, Périgueux, 12 octobre 2006)
Sur les magistrats : « tout le monde doit rendre des comptes, être responsable de ce qu’il fait. Y a-t-il une profession qui peut être à part ? » (Entretien au Figaro, 24 juin 2005)
Bavures policières
« La police s’oppose à la violence sans être elle-même une violence. Elle n’est pas une « violence légitime ». Elle est une force au service de la loi et des libertés. » (« La République, les religions, l’espérance », 2004)
« Si, comme tout un chacun, je ne peux accepter que l’on tue un jeune homme pour un vol de voiture (…), il n’en reste pas moins vrai que lorsqu’on ne veut pas d’ennuis avec la police, mieux vaut ne pas voler de voitures. » (« Libre », 2001)
Sécurité
« Je l’ai dit, la déscolarisation, c’est souvent la première étape vers la délinquance. » (Congrès des Maires et des Présidents de Communautés de France, 23 novembre 2006)
« (…) notre société ne doit pas tomber dans l’explication à tout prix : quand on s’apprête à tout expliquer, spécifiquement l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à tout excuser et notamment l’inexcusable ! » (Congrès des Maires et des Présidents de Communautés de France, 23 novembre 2006)
SDF
« Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. » (Discours de Charleville-Mézières, 18 décembre 2006)
« Quand on promet tout en sachant qu’on ne pourra pas tout tenir, on est obligé de tirer des chèques en blanc sur l’avenir. » (Neuilly journal indépendant, mars 1986)
Police de proximité
« La police n’est pas là pour organiser des tournois sportifs, mais pour arrêter des délinquants, vous n’êtes pas des travailleurs sociaux. » (Déplacement à Toulouse, 3 février 2003)
A la question : Sur l’action policière, faut-il rétablir la police de proximité, que vous avez supprimée en 2002, comme le demande un certain nombre d’élus locaux. Réponse : « Je n’ai rien supprimé du tout. Je me suis efforcé de rééquilibrer un dispositif hémiplégique en reconstituant des capacités d’investigation et d’interpellation qui avaient été dangereusement diminuées. » (La Gazette des Communes, 21 novembre 2005)
Pratique politique
« Cela fait quatre ans et demi que je gère la sécurité de la France. Cela demande beaucoup d’expérience et de maîtrise. Je veux les mettre au service de la France. » (Entretien avec la presse régionale : déclaration de candidature, 30 novembre 2006)
« Je vais redevenir le patron de ceux qui ont fait des enquêtes sur moi. Certains doivent mal dormir depuis qu’ils savent que je reviens." (Le Parisien, 2004)
Endettement
« Ce mal est autour de nous. Il se voit. (…) Il se voit dans les commissions de surendettement, aux guichets du RMI (…) » (Discours à Agen, 22 juin 2006)
« Je pense que le problème économique de la France est que l’état français est trop endetté et que les Français ne le sont pas assez… Parce qu’il faut arrêter de complexer les gens avec l’endettement. » (Cent minutes pour convaincre, France 2, 31 mars 2005)



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