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Suppression de la carte scolaire : vers une discrimination renforcée

Le ministre de l’Education Xavier Darcos multiplie les déclarations sur la suppression progressive de la carte scolaire dès la rentrée prochaine. Le gouvernement propose de substituer à un système de régulation qui, s’il n’était pas parfait, permettait un accès effectif de tous aux établissements scolaires, une situation de complète anarchie. Le principe républicain de l’école gratuite et obligatoire risque d’être remis en cause. Le but du gouvernement actuel est en effet de donner le « libre choix » aux parents d’inscrire leurs enfants dans l’établissement qui leur semble préférable.

Pourtant sous l’apparence raisonnable de ce projet, se cachent beaucoup de dangers. Tout d’abord, il y a un risque de séparer et de diviser d’une part les bons élèves, et d’autre part les élèves ayant plus de difficultés ; or, la diversité de niveaux scolaires reste dans une classe un facteur essentiel de motivation des enfants. Ensuite, c’est aussi créer un climat de concurrence dans un domaine qui par définition doit respecter strictement le principe d’égalité comme tout service public. Si cette réforme est appliquée, seuls les établissements les plus rentables au niveau scolaire bénéficieront de plus d’investissements, comme le serait une réelle entreprise au sein de l’économie de marché. Enfin, c’est le communautarisme qui sera encouragé, ce qui aura des impacts sur l’esprit d’ouverture et de tolérance des enfants.

N’oublions pas que l’école est l’endroit stratégique pour développer le civisme des jeunes ! Pour permettre une véritable mixité sociale et de niveaux, il appartient au contraire à l’Etat de miser financièrement sur les établissements en difficulté, pour leur donner les moyens humains et matériels d’atteindre un seuil d’éducation respectable et enviable.

 

 

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